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L'Actualité archéologique 2010/2011

Une délégation vaisonnaise à la Fondation Gianadda dans le cadre du collique


Daniel Henriot avec la délégation de Vaison-la-Romaine
Une délégation vaisonnaise était montée à Martigny pour assister au colloque sur la valorisation des sites archéologiques.


 


François Wiblé, archéologue cantonal, et Xavier Delestre, Conservateur régional archéologie DRAC PACA et Léonard Gianadda, Président de la Fondation Pierre Gianadda



 




 




 




 


présentation du livre : Mécènes, les bâtisseurs du patrimoine


Philippe Turrel, président de Belisama, coordinateur du projet éditiorial

Mécènes, les bâtisseurs du patrimoine
La Fondation Pierre Gianadda accueille un colloque international sur la valorisation des sites archéologiques du 8 au 10 septembre prochain. Dans cette perspective, les mécènes ont joué un grand rôle en Suisse et en France, en apportant d’importants moyens financiers et la vision d’un projet de développement à long terme. Un livre leur est consacré : Mécènes, les bâtisseurs du patrimoine,  présenté à la Fondation Gianadda le jeudi 8 septembre, avant la conférence sur l’Arles antique de Jean-Maurice Rouquette, conservateur du Musée d’Arles.
Le premier livre sur le mécénat en archéologie vient de paraître. Intitulé Mécènes, les Bâtisseurs du patrimoine publié par la Fondation Pierre Gianadda et les Editions Chaman de Neuchâtel , il constitue la version élargie d’un colloque,  Regards croisés sur le mécénat en archéologie et la tenue d’une exposition Mécènes à l’œuvre organisés en 2009 à Vaison-la-Romaine en lien avec de nombreux partenaires publics et privés franco-suisse. Ces manifestations s’inscrivaient dans le 30e anniversaire du jumelage entre les villes de Martigny et  de Vaison-la-Romaine.
Ce livre souligne l’importance du mécénat en archéologie en présentant les actions de Maurice Burrus, le mécène de Vaison-la-Romaine, et de Léonard Gianadda, créateur de la Fondation Pierre Gianadda à Martigny. Figures atypiques du monde industriel de l'entre-deux-guerres pour le premier  et du monde culturel de ces trente dernières années pour le second,   ils se sont attachés à laisser une oeuvre originale et pérenne, à partir de la sauvegarde et de la valorisation de la mémoire archéologique de leur cité respective.
Cette publication aura permis au delà de la notoriété de ces deus grands mécènes, de présenter aussi les parcours de différents mécènes qui se sont engagés dans cette même voie de la restauration par le mécénat : le trophée de la Turbie par Edward Tuck, l’abbaye de Senanque grâce au concours des frères Berliet. En Suisse, il est à retenir les exemples du mécénat de Maurice Burrus à Avenches, de Friedrich Schwab à Bienne et de René Clavel à Augst. Ce livre s'inscrit  dans une perspective historique qui, depuis le chevalier romain Mécène,  replace leur action respective dans la longue tradition du mécénat.
Il souligne également le rôle essentiel joué dans ce domaine par les fondations.  Telle la Fondation Pierre Gianadda qui s’employa aussi bien à l’acquisition et la restauration d’œuvres artistiques qu’à la résurgence du passé archéologique de la ville de Martigny. Ou la Fondation Calvet d'Avignon, qui a reccueilli les dons et  legs de milliers d'anonymes permettant d'assurer leur valorisation au sein des collections.
Aujourd’hui, le mécénat s’est adapté aux nouveaux enjeux de la modernité. La France était un pays relativement en retard en matière de mécénat, avant qu’une nouvelle base juridique élargisse considérablement son champ de compétences. Ce livre se fait ainsi l’écho des récentes dispositions sur cette question du mécénat liée à l’intérêt général. Pour la Suisse, Léonard Gianadda évoque les dispositions fiscales de la Suisse en matière de mécénat.

 

30e anniversaire du jumelage : Les mécènes à l’honneur

Les cités de Martigny et de Vaison-la-Romaine sont romaines et voisines du Rhône. Toutes les deux sont réputées pour leur patrimoine et les produits du terroir. Surtout, elles ont fait l'objet de fouilles archéologiques initiées par des mécènes : Maurice Burrus à Vaison, Léonard Gianadda à Martigny.
Un hommage à ces deux mécènes a été célébré à Vaison en septembre 2009 par l’organisation d’un colloque sur le mécénat, et d’une une exposition photographique intitulée Mécènes à l’œuvre. L’objectif étant de met en parallèle les actions de préservation et mise en valeur des fouilles de Vaison et Martigny. 
Au cours d’une conférence, Léonard Gianadda a témoigné de son rôle dans le mécénat archéologique depuis la découverte d'un sanctuaire antique en 1976, point de départ de la création de la Fondation Pierre Gianadda qui abrite aujourd'hui les vestiges archéologiques trouvés à Martigny.

Né en 1882, Maurice Burrus, a notamment financé la reconstruction du théâtre antique de Vaison-la-Romaine qui accueille aujourd'hui plusieurs festivals.
L'exemple de Maurice Burrus et de Léonard Gianadda montre que le mécénat ne se réduit pas au financement de travaux. Plus largement, les deux hommes sont des entrepreneurs qui imaginent le développement futur de leur ville et le mettent en oeuvre. En l’espace de 30 ans, Vaison-la-Romaine a attiré dans ses sites archéologiques, et au théâtre antique pour la programmation culturelle, plusieurs millions de visiteurs. Chiffre à mettre en regard des sept millions de visiteurs enregistrés à la Fondation Pierre Gianadda depuis 1978.




 




 




 




 




 


colloque Martigny septembre 2011


L'accrochage de l'exposition

Bilan de 80 ans de conservation et de valorisation des sites archéologiques de Vaison-la-Romaine

Années folles, années fastes

Depuis l'Entre-deux-guerres la problématique de la conservation et de la valorisation des sites antiques à Vaison-la-Romaine a évolué entre mécénat privé et politique publique.
L'exposition " Années folles, années fastes" propose de faire le bilan de bientôt un siècle de ce patrimoine archéologique parmi les plus importants d'Europe.
Exposition organisée par le comité de jumelage Vaison-la-Romaine Martigny et l'association Belisama.
 Contenu scientifique : Christine Bezin, conservatrice du musée municipal. Avec le concours du service communication de la Mairie de Vaison-la-Romaine
Exposition présentée à Martigny 8 9 10 septembre 2011
Salle Sam Sazfran de la Fondation Gianadda




 


suite de l'accrochage

EXPOSITION A MARTIGNY
SEPTEMBRE 2011

INRODUCTION

La notoriété et l'étendue des sites antiques de Vaison-la-Romaine s'expliquent par l'investissement d'importants moyens financiers privés, aux côtés de subsides publics dès 1925. Le mécénat de Maurice Burrus a été possible grâce à la conjonction de découvertes archéologiques, de conditions et de rencontres favorables.

Rappelons tout d'abord les travaux dirigés à partir de 1907 au théâtre, par Joseph Sautel, avec la mise au jour  d'un ensemble de statues impériales. Ensuite, l'engouement général des maires de Vaison-la-Romaine (Paul Buffaven, puis Ulysse Fabre) et d'une partie de la population qui  a conduit la commune à acheter le grand domaine de Puymin (1915) et à étroitement collaborer avec l'architecte des Monuments Historiques, Jules Formigé. Enfin, les possibilités d'extension sur des terrains libres de la commune et sur du foncier privé, qu'il était possible d'acquérir, ont également favorisé le choix de Maurice Burrus (fin 1923) de financer les travaux vaisonnais.

Les sites ont ainsi été mis en valeur, une première fois, de 1925 à 1942.  L'archéologue dirigeait les fouilles  du théâtre, tandis que le mécène et l’architecte, géraient les autres chantiers. Les lieux tels qu'ils sont présentés aujourd'hui laissent planer quelques interrogations ; cependant on retiendra la prise en compte de préoccupations liées à la  conservation et à la restauration des éléments d’architecture : extraction des  matériaux à proximité des carrières antiques, liaison des moellons au mortier de chaux (à l'exception de quelques secteurs au ciment), remise en fonction de caniveaux et d'égouts, pose de mosaïques sur dalles béton, construction d'abris pour enduits peints et sols (malheureusement en nombre insuffisant).
Une autre préoccupation était de rendre les sites compréhensibles au grand public à travers une mise en valeur réfléchie : ainsi des colonnes ont complété des portiques,  des végétaux  ont agrémenté les cours et les jardins et de petits cartels ont informé le public.
Notons que si l'on regrette le manque d'analyse et surtout de relevés avant l'engagement des restaurations, les réalisations de cette période ont définitivement donné leur physionomie et leur attrait aux sites vaisonnais et n'excluent pas la reprise de recherches pour les structures antérieures au Ier siècle après J.-C.

CONCLUSION

Les fouilles suivantes, plus scientifiques, n'ont pas bénéficié des mêmes financements pour être mises en valeur. Certaines ont été recouvertes dans un souci de préservation (nord cathédrale, nord Villasse), d’autres demeurent en attente d'intervention (thermes du nord, Maison du Paon). Quant aux 7 hectares ouverts au public, ils nécessitent un entretien permanent. Ainsi, 70 ans après les grands travaux sur le théâtre, les financements conjoints entre Etat, Région, Département et Ville de Vaison-la-Romaine, du Plan Patrimoine Antique (2005 à 2009), ont rendu possible la restauration de l'édifice et sa mise aux normes d'accueil du public en configuration de spectacles. La volonté politique est forte mais les montages financiers sont difficiles et l'apport du mécénat sera certainement de plus en plus nécessaire pour entreprendre de grands projets.

Ces dernières années, de nombreux outils de médiation culturelle ont été mis en place.  Le musée archéologique, réaménagé en 1998, conçu comme le point de départ de la découverte des sites,  est au centre de ce dispositif. A l'extérieur, les visites guidées classiques et thématiques, les animations autour de l’artisanat gallo-romain et la vie quotidienne, la signalétique (vues axonométriques de J-C Golvin), le parcours audioguidé en plusieurs langues (dont un spécialement conçu à l’attention des jeunes) et les nombreuses publications délivrent aux visiteurs français et étrangers des moyens agréables de découvertes. Un film sur la ville antique avec des restitutions 3D de la Maison au Dauphin et de différents édifices, dont le forum récemment découvert, sera présenté au public dès l'été 2012.
Christine Bezin




 


MARTIGNY (SUISSE)
Fondation Pierre Gianadda

Colloque sur la valorisation des sites archéologiques

 

Comité d’organisation :

Xavier DELESTRE, conservateur régional de l'archéologie, Direction régionale des Affaires Culturelles de Provence-Alpes-Côte d'Azur
François WIBLÉ, archéologue du canton du Valais, Service des bâtiments, monuments et archéologie

 

Comité scientifique :

François BARATTE, professeur, Vice-Président du Conseil national de la recherche archéologique
Jean GUILAINE, professeur honoraire au Collège de France
Renato PERINETTI, ancien surintendant pour les biens culturels de la Vallée d’Aosta
Daniel PAUNIER, professeur d’archéologie honoraire, université de Lausanne




 


Les organisateurs; François Wiblé, Xavier Delestre avec Léonard Gianadda

Le moulage de la tête de l’empereur Claude de Vaison pour le Tepidarium de Martigny

Pour renforcer les liens entre Vaison et Martigny,  Léonard Gianadda, président de la Fondation Pierre Gianadda,  avait souhaité réaliser l'empreinte de la tête de l'empereur Claude de Vaison-la-Romaine et celle de César du musée d’Arles.
Ces deux empereurs qui ont marqués l’histoire de l’antique ville de Martigny, FORVM CLAVDII VALLENSIVM auront ainsi leur buste en bronze à Martigny lors de l’inauguration du Tepidarium. Le public peut déjà en découvrir deux copies dans les vitrines en gare de Martigny.
Pour les besoins du projet, Mr Gianadda avait demandé à Mr Picard, sculpteur au Barroux, de prendre l’empreinte de la tête de la statue de l’empereur installée au musée municipal de notre ville. 

 




 


le public sur la dalle en verre sous laquelle sont présentés les vestiges des thermes.



 


Réception mairie avant les fouilles août 2011


Daniel Henriot, adjoint aux finances de la ville, Joël-Claude Meffre, archéologue, Philippe Turrel président de Belisama archéologie

Notre association s’est fait connaître par le musée virtuel, Vaison dans les musées du monde, qui rassemble sur un site internet les objets archéologiques trouvés à Vaison et dispersés dans les musées . Aujourd’hui, elle revient à la source pour participer activement à un projet de fouilles sur le site emblématique de la maison du Paon.
Il y a tout juste un siècle, en 1911, l’archéologue Joseph Sautel débutait ses premières fouilles à l’emplacement du théâtre antique de Vaison-la-Romaine.  De 1911 à 1913, il découvrait dans la scène du théâtre, le nid de statues impériales.
Cent ans plus tard, comme pour marquer cet anniversaire, l’archéologie vaisonnaise nous réserve encore de belles surprises, comme en témoignent les sondages prometteurs entrepris récemment par Jean-Marc Mignon.
Dans un instant, l’archéologue Joël-Claude Meffre va entreprendre avec l’aide de notre association, un nouveau programme de fouilles sur le site de la maison du Paon . Sur ce même site de la colline de Puymin qui a livré tant de vestiges depuis ces derniers siècles.
Notre association s’engage donc sur les pas de tous ceux, professionnels ou bénévoles, qui ont contribués à écrire l’histoire de l’archéologie vaisonnaise depuis 1911 : Joseph Sautel, Jules Formigé, Maurice Burrus, Sylvain Gagnière, Patrice Arcelin, André Dumoulin, Yves de Kish  Christian Goudineau.
Des centaines de bénévoles ont ainsi remué cette féconde terre de Puymin afin de permettre la mise au jour de vestiges, humbles ou remarquables participant avec enthousiasme à cette odyssée archéologique à Vaison-la-Romaine.
L’histoire a montré que cette histoire de l’archéologie s’est faite dans la passion et le dévouement d’élus et d’archéologues,
Quand bien même les élus étaient aussi directeur de musée, comme l’ancien maire Paul Buffaven en 1920. 
Notre association Belisama espère que ces fouilles réserveront de belles surprises et qu’elles permettront d’inscrire la maison du Paon dans un prochain projet de valorisation du patrimoine..

 




 


L'équipe des bénévoles de Belisama



 




 




 




 


Fouilles août 2011


Les fouilles ont démarré : le canal de la fontaine à escalier d'eau
Le premier jour des fouilles sur le site de la maison du Paon. Les fouilleurs de l'association Belisama en action avec l'archéologue Joël-Claude Meffre.


 


Le dessus de la Fontaine
La fontaine à escalier d'eau au nord de la maison du Paon, très dégradée, est à ce jour, un ensemble unique en Narbonnaise. Elle conserve encore quelques placages en marbre.


 


vue d'ensemble de la fontaine à escalier d'eau



 


Fouilles à l'Est de la maison du Paon. Jacques du Guerny et Jean-Marie Noël à l'oeuvre pour tenter de retrouver les vestiges d'une exèdre...


 


Régine Brun sur le site de la fontaine sud
Une autre fontaine a fait l'objet d'un dégagement. Situé au sud de la maison du Paon, elle est dans l'axe de la fontaine à escalier d'eau nord.


 


Les fouilles août 2011 en images


Janick Ode, spécialiste du verre antique
ALBUM DES FOUILLES


 


Betty en action



 


fouille active sur le site de la fontaine Nord



 





 


Joël-Claude Meffre



 


les sondages archéologiques de la place Montfort


Photos JdG

 Interview de Jean-Marc Mignon, archéologue départemental, réalisée par Jacques du Guerny de Belisama

 

 

Quel bilan tirez-vous des sondages de la place Montfort ? 

Il est un peu tôt pour tirer le bilan de cette opération, qui s’est déroulée sur plus de deux mois de fouilles et une superficie de près de 2500 m². Toutefois, il est d’ores et déjà possible de préciser que les vestiges mis au jour appartiennent à des domus,sans doute quatre domus distinctes dont les plans ne sont néanmoins qu’en partie visibles du fait des limites de la zone étudiée. Ces domus rappellent par leur ampleur les maisons déjà découvertes à Vaison sur les sites de Puymin ou de La Villasse. Le dérasement important du site n’a pas permis de recueillir beaucoup d’information sur le décor des domus, dont ne sont finalement conservées que les fondations et les structures en creux, comme les bassins et puits. 

 Quelles interprétations donnez-vous aux différentes domus mises à jour ? Interprétations sur le plan architectural, mais aussi socio-économiques.  

Il est un peu tôt pour pousser plus loin l’interprétation de ces domus. Les dispositions des plans ne paraissent pas introduire beaucoup de nouveauté par rapport aux domus anciennement découvertes. On y retrouve des plans fortement marqués par la symétrie et l’axialité, mais répondant par ailleurs aux exigences climatiques de façon à ce que les espaces de vie, salle de réception, galeries, jardins, etc. bénéficient de la meilleure exposition solaire.

 Lors de votre dernière conférence Place Montfort, vous avez signalé la relativement courte durée de vie de ces domus et leur abandon plutôt synchrone et rapide : pourriez-vous discuter ces aspects qui nous paraissent particulièrement intéressants. 

On remarque en effet, à partir de l’examen des seules substructions, que ces domusn’ont pas connu plusieurs états, comme c’est le cas à Vaison par exemple de la Maison au Dauphin. L’impression générale est plutôt celle de maisons construites d’un jet, vraisemblablement dans le courant du Ier s. ap. J.-C. au plus tôt, dont l’occupation ne s’est pas poursuivie au-delà semble-t-il du milieu du IIIe s. Seule la dernière domus découverte, au sud de la place présente manifestement des traces de réfections qu’il nous faudra analyser plus précisément.

                                                                                                                             

Comment s’intègrent ces domus dans l'urbanisme de la ville antique?                      

Pour l’heure c’est dans ce domaine que l’avancée est la plus significative. En effet, l’ensemble des constructions découvertes sur le site de la place Montfort suit un système d’axes perpendiculaires qui n’avait pas été repéré jusque là à Vaison. Nous attendions en effet dans ce secteur un prolongement de la trame urbaine qui organise le site de Puymin, mais il n’en est rien, et cette trame dite de Puymin, paraît s’interrompre au niveau de la limite nord de la place de Montfort comme nous l’ont montré les structures repérées dans les caves des « Cafés » que nous avons visitées dernièrement.

Le secteur de la place de Montfort pourrait s’organiser en suivant la perpendiculaire à la pente du versant nord de la colline Sus-Auze, et peut-être en suivant la rue antique que l’on restitue sous la Grand-rue actuelle, autrement dit la rue menant au pont romain.

Les sondages programmés au mois d’Avril sur les terrains situés entre l’avenue Jules Ferry et l’impasse du Couradou devraient nous en apprendre encore davantage sur l’organisation urbaine de Vaison antique.




 


Il est dommage que ces vestiges archéologiques n'aient pas été intégrés dans l'aménagement de la place Montfort. En posant une dalle de verre, le public aurait pu les découvrir comme à Martigny, à l'emplacement du Tepidarium.



 





 





 




 


dernière réunion de l'année 2010


ASSOCIATION D’ARCHEOLOGIE BELISAMA 

REUNION DE TRAVAIL

 S’étant rendus à l’invitation de son président, des membres de l’association se sont réunis le seize décembre deux mille dix pour entendre une communication concernant la Villa du Paon. M. Philippe Turrel, ouvrant la réunion, accueil deux membres de l’Association du patrimoine de la haute ville (APHV) auxquels il propose de présenter les activités conduites dans cette zone de la ville.  La présidente de l'APHV Martine Hollick indique qu’à l’occasion des travaux de restauration des calades conduits ces dernières années sont survenues des découvertes d’objets divers documentant l’occupation du site. Ces objets seront présentés au public en mai 2011 lors d’une exposition organisée à la Ferme des arts. Un échange de vue entre les membres des deux associations ouvre des perspectives sur le champ d’exploration du riche patrimoine vaisonnais. M. Joël-Claude Meffre indique que la mise en forme du rapport sur les travaux conduits, ce dernier été, sur le site de la maison du Paon est en voie d’achèvement. Il souligne que ce document, de 400 pages, est la matérialisation de l’effort et de la volonté collective d’un groupe. Les résultats de ce chantier autorisent à penser que ce bâtiment n’était pas destiné à l’occupation privée mais avait les caractères d’une scholae (lieu de réunion), type d’édifice présents dans les villes romaines de Narbonnaise à compter du IIème siècle de notre ère.  M. Joël-Claude Meffre propose qu’une réunion d’information soit organisée en janvier 2011, mais précise que l’ouverture à un large public ne peut pas intervenir avant la fin de l’année 2011.  Il relève que les travaux de la maison du Paon comme la réinterprétation du « Nymphée » en moulin à farine, les découvertes récentes de la place Montfort et d’un ensemble thermal sur la rive gauche de l’Ouvèze justifient le qualificatif d’« Urbs Opulentissima » décerné à la Vasio antique. Philippe Turrel, après avoir remercié les intervenants, clôture la réunion. 

Compte rendu de  J-B Bachet                                                              




 




 




 




 




 


Présentation de l'étude architecturale et du nettoyage du site de la villa du Paon


De gauche à droite : Michel Vignal, ancien adjoint au patrimoine, membre de Belisama, Serge Boyer, adjoint au patrimoine de la ville, JC Meffre, archéologue, Jacques du Guerny et JB Bachet de Belisama, Christine Bezin, conservatrice du musée de la ville.

Novembre 2010 

 C'est en présence de Serge Boyer, adjoint au patrimoine de la ville (Régine Brun, conseillère, étant excusée), et de Christine Bezin, conservatrice du musée, que Joël-Claude Meffre a présenté le projet d'étude architecturale et le nettoyage de la villa du Paon.

Rendant hommage à ses prédecesseurs, Yves de Kish et André Dumoulin, qui avaient fouillé auparavant le bâtiment, l'archéologue Joël-Claude Meffre à présenté durant plus d'une heure, l'étude qu'il mène actuellement sur l'architecture de cette villa, suite au nettoyage que les bénévoles de l'association Belisama avaient entrepris en août dernier.(voir article dans cette rublrique).

Le rapport conséquent que JC Meffre a produit sera remis aux services archéologiques de la Région en décembre prochain.

 




 


Une excavation qui fait débat (photo ph.T.)



 




 




 




 


Le nettoyage du site de la villa du Paon en images


Julien à la manoeuvre (cliché PH.T.)

Août 2010

Les bénévoles de l'association Belisama, avec l'aide de Julien du Service patrimoine de la ville de Vaison, sont à pied d'oeuvre pour nettoyer le site de la villa du Paon.

De nombreux déchets ont été évacués. Puis l'équipe conduite par Joël-Claude Meffre a dégagé les vestiges et structures recouverts de terre et de végétation.

 




 


Yvette (cliché Ph.T)



 


et nos amis bénévoles (cliché PH.T.)



 


la fontaine à escalier d'eau avant dégagement (Cliché PH.T.)



 


après ! (cliché PH.T.)



 


Nettoyage de la villa du Paon : les structures misent au jour


Structures en pierre froide (cliché PH.T.)

août 2010

Le nettoyage complet du site sous abri aura permis le nettoyage des structures existantes : seuils de portes, ouvertures, canalisations...ainsi que la petite fontaine au sud du bâtiment.




 


Fontaine au sud (cliché PH.T.)



 


seuil de portes (cliché PH.T.)



 




 




 


Vaison : Puymin-est, Secteur de « la villa du Paon »


Legende photo 1 : vue est-ouest de la villa du paon (photo PH.T),

Juillet 2010

2010. Premiers travaux de nettoyage et d’étude architecturale des vestiges du bâtiment.

Pour 2010 :
l’étude a porté essentiellement sur un nettoyage des structures en élévations pour en effectuer un relevé précis, établir un plan coté ainsi que les coupes en long sur les restes du bâtiment et vérifier les fondations des murs et leur nature. 
- L'étude a pu faire un inventaire et un relevé des seuils en place ;
- vérifier s’il a existé ou non d’autres seuils enlevés ultérieurement, à l’emplacement des baies qui n’en comportent plus aujourd’hui :
-  nettoyer les sondages SAV de Vaucluse effectués dans les années 1990, et d’en faire les relevés ;
- repérer les vrais niveaux d’arase des murs sur lesquelles ont été installées dans les années 1970 des élévations en pierre ;
-  repérer les niveaux de sols d’origine et le niveau des mosaïques, y compris le niveau de sol sous le portique nord et la cour. 
- effectuer quelques micro-sondages dans la pièce F pour retrouver le niveau de tessons observés par Y. de Kisch en 1976.




 


Les membres de Belisama avec Christine Bezin, conservatrice du musée.(cliché PH.T)
Pour 2011 :
étude de certains aspects architecturaux propres à la « villa du Paon ». Il s’agit de reprendre l’étude  (voir plan n° 2) :

1) de la fontaine à escaliers d’eau qui était recouverte de marbre et était appuyée sur un petit terrain, au pied nord du mur de soutènement, au pied du péribole du « sanctuaire ». De ce monument des eaux, qui subsiste encore sous les ronces, quelques photos en ont été faites au moment de sa découverte et par la suite, par Yves de Kisch. Mais aucun plan précis du monument n’existe à ce jour, aucune coupe ni lever précis. Elle n’a été fouillée que partiellement, en particulier, Y. de Kisch a exploré une partie seulement de l’écoulement (exutoire) de la fontaine ; un caniveau couvert de dalles calcaires se dirige vers le portique nord de la villa, mais aucune indication précise ne vient indiquer quelle est son orientation exacte où s’il a été recoupé par le stylobate qui est devant le portique nord. Dans ce dernier cas, on aurait affaire à un monument appartenant à un état antérieur à la construction de la villa elle-même. Enfin, il serait significatif de montrer comment cette fontaine était alimentée en eau, quel pouvait être le trajet de la tuyauterie éventuelle (arrivée latérale au mur de soutènement MR 1 ou bien en provenance du sanctuaire lui-même  - que les sondages du terre-plein entre ce même mur de soutènement MR 1 et les murs du sanctuaire permettront éventuellement de montrer - ;


 


L'archéologue JC Meffre montrant un plan de la villa (cliché Ph.T)
2) une autre fontaine existait, dont l’infrastructure subsistait dans le même axe que la fontaine à escalier d’eau, implantée dans la cour, au sud du bâtiment mosaïqué. Celle-ci a été découverte et fouillée par H. Rolland (A. Dumoulin) dès 1964, dont nous possédons une photographie reproduite dans Gallia. Mais aucun plan précis n’en a été levé, ni aucune étude fine réalisée. On sait, d’après les notations d’A. Dumoulin, qu’un morceau de tuyau de plomb semblait exister au moment de la découverte. Les infrastructures de cette fontaine ont été ensuite recouvertes par une faible épaisseur de gravats. Il s’agira donc de la refouiller en tentant de trouver le système d’alimentation et d’écoulement.


 


Jacques du Guerny à l'oeuvre (cliché PH.T.)
3) La salle B, vaste rectangle mosaïqué, la plus grande du bâtiment, était séparée de la salle C par le couloir H qui contenait un épais dépôt de fragments de marbres fouillés par H. Rolland (A. Dumoulin). A l’est de la salle B, s’ouvre une large baie; le pavement qui ornait cette salle avait été une première fois découvert au XIX ème siècle. Un croquis sommaire de la salle et la position du pavement (retrouvé par Y. de Kisch aux Archives Départementales de Vaucluse) avaient alors été relevés, qui dessine très nettement  la forme de la salle ; à l’est, à l’emplacement de l’ouverture est indiqué l’existence d’une dalle (seuil ?) « d’une seule pierre » encadrée de deux support nommés sur le plan « base d’une colonne ». Y. de Kisch a suggéré qu’il pouvait s’agir non d’une baie ouverte sur l’est de la maison, mais d’un passage ouvrant sur une abside.  Dans ce cas, il s’agirait du prolongement de la pièce B ; ce qui aurait une certaine incidence non seulement sur la fonction de la pièce elle-même mais l’ensemble du bâtiment à mosaïque. C’est ce que nous nous proposons de montrer en fouillant le sol dans l’espace qui reste vacant entre le mur est de la pièce B et la clôture du site à l’est sur environ 1, 50 m de largeur.

4)  Vérification des niveaux de fondation des différents murs du bâtiment, dont il semble attesté qu’il a été fondé en une seule fois sur le substrat (mollasse helvétienne). Il n’est pas exclu qu’il y ait eu des réaménagements structurels comme semble le montrer l’exhaussement de certains seuils, notamment dans la salle D.

5) Vérifier enfin, si les murs sud des pièces M à l’ouest et N/A à l’est n’ont pas de prolongement vers le sud.


 


Agrandissement des marbres de la Villa du Paon (cliché Ph.T)
Bibliographie Maison du Paon


Salviat (F.), (dir.), Gallia, 25, 2, 1967, p. 378-382
Salviat (F.), (dir.), Gallia, 28, 2, 1970, p. 445
Salviat (F.), (dir.), Gallia, 30, 2, 1972, p. 541
Salviat (F.), dir.),  Gallia, 35, 2, 1977, p. 535-537
Gauthier () (dir.), Gallia, 44, 2, 1984, p. 429-430

L’année épigraphique : 1967

Goudineau (Chr.), de Kisch (Y.), Liou (B.), Salviat, (Fr.) : Vaison-la-Romaine, site et histoire, dans Salviat (Fr) et Barruol (G.), 1976, p. 132-136.

de Kisch (Y.), Fouilles archéologiques récentes à Vaison-la-Romaine, dans Bull. S.F.A.C., dans R.A., 1978, 1, p. 21-24.

Pflaum (H.-G.) : Les fastes de la province de Narbonnaise, Gallia, suppl. XXX, Paris C.N.R.S., 1978, 504 p. (L’inscription de la « villa du Paon » = p. à vérifier).

de Kisch (Y.), Fouilles archéologiques récentes à Vaison-la-Romaine, Rev. Mun., 1979, 9, p. 8 -11.

de Kisch (Y.),  Fouilles archéologiques récentes à Vaison-la-Romaine (suite et fin), Rev. Mun., 1979, 10, p. 8-9 (« sanctuaire » = p. 9). 

de Kisch (Y.), Note sur un fragment de verre à course de chars trouvé à Vaison-la-Romaine (Vaucluse), R.A.N., 12, 1979, p. 273-278.

de Kisch (Y.), Redécouvrir Vaison-la-Romaine, dans Archeologia, n° 152,  1981, p. 6-21 (« villa du paon » = p. 14-17)

Goudineau (Chr.) de Kisch (Y.), (avec la collab. de J. Prodhomme) : Vaison-la-Romaine, (Guides archéologiques de la France n° 1), Vaison-la-Romaine, Ministère de la Culture et Office du Tourisme de Vaison, 1984, p. 47-50 [texte de Chr. Goudineau].

de Kisch (Y.), Vaison-la-Romaine, bilan et perspectives de recherches archéologiques : 1966-1988, dans Bull. Académie de Vaucluse, 204, mars 1989, non paginé.

de Kisch (Y.), La villa du Paon, Le quartier des boutiques, Vaison-la-Romaine, (Catalogue, rééd.), Vaison-la-Romaine, Mairie, 1990, 42 p.

Goudineau (Chr.) de Kisch (Y.), (avec la collab. de J. –Cl. Meffre), Vaison-la-Romaine, Paris, Errance, 1991, 159 p.

de Kisch (Y.), Note d’épigraphie vaisonnaise, dans Bull. Arch. Provence, 21, 1992, p. 107-109.

de Kisch (Y), La villa du Paon et le quartier des  boutiques, dans Notices d’Archéologie Vauclusienne, Vaison-la-Romaine, n° 2 (M.-E. Bellet dir ;), 1992, p. 43-51.

de Kisch (Y.), Bilan et perspectives de la recherche, in Archeologia, 285, 1992, p. 20-25.

de Kisch (Y.), Maisons romaines dans le Vaucluse, dans Vieilles Maisons de France, 148, juillet 1993, p. 24-29.

Bourgeois (Cl.), Divona, Monuments et sanctuaires du culte gallo-romain de l’eau, II, Paris, De Boccard, 1992, 314 p. (Vaison, Villa du Paon, Fontaine à escaliers d’eau = p.50-52).

Goudineau (Chr.) de Kisch (Y.), (avec la collab. de J.-P. Adam, C. Bessou, C. Bezin, I. Cartron, F. Chardon, C. Dupuy, J ; -Cl. Meffre, J.-M. Mignon, J. Prodhomme), Vaison-la-Romaine, (Guides Archéologiques de la France n° 1), Avignon, Barthélémy, Ministère de la Culture, ASPTC Vaison-la-Romaine, 128 p [texte Y. de Kisch], 1999, (p. 57- 67).

Meffre (J.- Cl.), Provost (M.), Carte Archéologique de la Gaule romaine, Vaison-la-Romaine, Académie Inscriptions et Belles-Lettres, Paris 2003,  553 p. (« villa du paon », p. 275-286).

Mosaïques :
La bibliographie est à établir, à partir du document d’étude d’H. Lavagne = Lavagne (H.), 2000, p. 157 et suiv. , n° 647 à 653.




 


Moulage de la tête de l'empereur Claude du musée de Vaison


Le sculpteur avec C.Bezin (cliché Ph.T.)

Juin 2010

Le tepidarium de Martigny 

Léonard Gianadda prépare actuellement  le projet de la création d’un lieu marquant la fondation de la ville de Martigny par l’empereur Claude au début de notre ère. Il sera intitulé Tepidarium, la salle d'eau tiède, suite à la découverte de thermes à l'emplacement de la construction.
Pour renforcer les liens entre Vaison et Martigny,  Léonard Gianadda, président de la Fondation Pierre Gianadda,  a souhaité réaliser l'empreinte de la tête de l'empereur Claude de Vaison-la-Romaine . Une même empreinte ayant été réalisée avec celle du César du musée d’Arles.
Ces deux empereurs qui ont marqués l’histoire de l’antique ville de Martigny, FORVM CLAVDII VALLENSIVM auront ainsi leur buste en bronze dans la ville jumelle de Vaison.

Pour les besoins du projet, Mr Gianadda a demandé à Mr Picard, sculpteur au Barroux, de réaliser l’empreinte de la tête de la statue de l’empereur installée au musée de Vaison. Une réplique en bronze sera offerte à la Ville par Mr Gianadda en remerciements des facilités accordées pour la mise en œuvre de ce projet.

Sur la photo :
Mr Picard Sculpteur
Mme Bezin, conservatrice du musée municipal.




 




 




 




 




 


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