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Des siècles ont été nécessaires pour nous transmettre les écrits d’érudits sur leur curiosité historique. Le XVIe siècle a marqué cette seconde étape : les éléments antiques ne sont plus uniquement considérés en tant que matériaux de construction ou de modèle d’inspiration, mais désormais, des lettrés les collectionnent, les étudient, échangent des points de vue. On peut citer Jacques de Chevigny, qui recueille "Les antiquités du Rasteau". La troisième étape est celle des travaux épigraphiques. Elle est entamée par Mgr. Joseph-Marie de Suarès (évêque de Vaison de 1634 à 1666). Vaison était un siège idéal pour un évêque à la réputation d’antiquaire. Suarez a trouvé sur place un petit groupe d’amateurs, chanoines et notables comme Jean Rattaler (archidiacre) ou Scipion de Blégiers, sieur de La Villasse, possesseur d’un cabinet d’antiquités. Ces hommes étaient passionnés par la découverte de l’antique capitale voconce. Ils recueillaient les vestiges et les découvertes qui affleuraient. Leur travail de collecte et de copie des inscriptions est précieux, en particulier pour les pièces qui ont, depuis, disparu. Les recueils de Suarès sont conservés à la Bibliothèque Vaticane. Dans le Vat. Lat. 9141, intitulé : "Inscriptiones supra in Gallis" extantes, les inscriptions trouvées à Vaison et dans sa région occupent les folios 3 à 91 . Elles figurent dans le Corpus Inscriptionum Latinarum, vol. XII. Au XVIIIe siècle, les recherches sont poursuivies et quelques mémoires sont publiés ; on se contentera de citer Moreau de Vérone (1739-1779), qui échange sa correspondance sur les travaux de fouilles avec le chancelier Seguier et avec Esprit Calvet, médecin avignonnais et grand érudit. Enfin, de 1786 à 1792, l'abbé Fabre de Saint-Véran (1733-1812), homme d’église vaisonnais formé à Rome au travail de bibliothécaire, rédige un état des recherches de ses prédécesseurs. Il a laissé, en effet, un Mémoire historique sur Vaison, avec des notes sur l’état de cette ville et sur celui des Voconces dont elle était la capitale... Les travaux du XIXe siècle
Cette période de recherches coïncide avec le passage de Prosper Mérimée, Inspecteur des Monuments Historiques. On lui doit l’inscription de plusieurs édifices vaisonnais sur la toute première liste des Monuments Historiques en 1840 (pont romain, cathédrale et cloître, chapelle Saint-Quenin). Durant cette période, une société archéologique est constituée (1851) par des habitants qui commencent à comprendre l’importance des ressources du sous-sol. L'abbé Joannis fait réunir une partie des découvertes lapidaires dans les galeries du cloître afin de les protéger. Cette mesure ne suffit pas à inciter les donations et la Ville n’a pas les moyens financiers d’acheter des antiquités. Nombre de collectionneurs préfèrent vendre leurs collections à des musées connus pour en retirer des bénéfices et placer ainsi les objets en sûreté. Jusqu’en 1870 environ, l'exode des objets se poursuit : Véran Blanchon qui a repris les fouilles sur ses terres, vend sa collection en 1869 au Musée des Antiquités Nationales de Saint-Germain-en-Laye, d’autres œuvres alimentent toujours le Musée Calvet (Avignon), le Musée Guimet (Paris), le Bristish Museum (Londres). Au nouveau cimetière créé en 1884 sur un terrain de la Commune, sont dégagées des sépultures à incinération avec leur mobilier funéraire (Quartier Roussillon, rive gauche de l’Ouvèze). Ces objets soigneusement récupérés sont les premiers éléments de la collection communale. Ailleurs dans la ville, les travaux de voirie, les défoncements de terrains enrichissent encore la collection communale, mais, parallèlement, les ventes de collections privées se poursuivent (Clément à Vaison, Raspail à Gigondas, Roger Valentin du Cheylard à Montélimar). Le XXe siècle
Un premier musée Les dégagements dirigés par l'abbé Sautel ont accru le patrimoine muséographique (découverte des statues impériales de 1909 à 1912) et orienté la commune vers l’achat du domaine de Puymin (1915). ![]() En 1919, Paul Buffaven (Maire de 1906 à 1919), est nommé conservateur du musée. Joseph Sautel lui succède en 1923. L'année suivante, un véritable musée est aménagé dans une partie de la villa de Puymin, par la commission des monuments historiques sous la direction de Jules Formigé (l'impulsion est donnée par le legs testamentaire de 10 000 F de Paul Buffaven).
Dans ce musée, Joseph Sautel procède au regroupement des objets déposés jusqu’alors dans les galeries du cloître et de ceux qui étaient entreposés provisoirement dans une salle du rez-de-chaussée de l’Hôtel de Ville auxquels il a ajouté les trouvailles de ses campagnes de fouilles. Ce musée, résumé à une pièce de 90 m², allait très rapidement s’avérer insuffisant.
Pendant ce temps, la passion de Joseph Sautel, sa gentillesse, ses explications et sa pédagogie agissent sur la population. La société des amis de Vaison est créée dans l’intention d’organiser le musée, adhérer aux grandes sociétés touristiques, exécuter des moulages de statues et promouvoir les richesses archéologiques de Vaison. Le beau moulage du "Diadumène de Vaison", commandé pour le nouveau musée, est offert par le British Museum. Ainsi que cela a été dit précédemment, la plupart des objets découverts avant l’intervention décisive de Joseph Sautel avaient rejoint des musées et des collections particulières en France et à l'étranger. Vaison était alors une petite ville sans grands moyens et aucune personnalité n’était parvenue à imposer sa passion de l’histoire avant l’arrivée de Joseph Sautel. C’est ainsi que les objets dégagés au cours de découvertes fortuites ou le plus souvent de creusements et recherches effectués en vue de ventes, ont été dispersés au gré des acheteurs. La célèbre réplique du Diadumène de Polyclète est au British Museum, les réserves du musée Calvet en Avignon et du Musée National de Saint-Germain-en-Laye possèdent d’importantes collections provenant Vaison. La deuxième moitié du XXe siècle
Après la disparition de Joseph Sautel, les fouilles ont été pratiquées sur des surfaces réduites par choix. Le temps n’était plus au dégagement de grandes surfaces mais plutôt à l’étude plus minitieuse de l’évolution d’un secteur. Ces techniques scientifiques ont donné un éclairage précis sur Vasio. A la mort du chanoine Sautel, Sylvain Gagnière a assuré la poursuite des fouilles. Il a mis en place le premier sondage stratigraphique de Vaison, sur la Rue des Colonnes contre la Maison au dauphin. Avec les nouvelles techniques de fouilles alliant recherches méticuleuses et en profondeur (stratigraphies), la période des grands dégagements était achevée. De 1969 à 1971, Bernard Liou et Christian Goudineau ont repris les fouilles de la Maison au Dauphin. Cette étude publiée par ch. Goudineau en 1979 a totalement renouvelé les connaissances sur la formation de la ville antique en mettant en lumière le lent passage d’un milieu rural à un monde urbanisé. |
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